Yayoi Kusama, Artiste de renommée mondial

Née et élevée à Matsumoto, Yayoi Kusama a lutté dès son plus jeune âge contre des hallucinations. Ce sont ces visions qui lui ont inspirés son art et qui l’ont propulsé à devenir l’une des artistes contemporaines et avant-gardistes les plus intrigantes du monde. Découvrez les origines de cette grande artiste en visitant Matsumoto et le Musée d’Art de Matsumoto.

  • 1929: Yayoi Kusama est née à Matsumoto où elle obtiendra plus tard son diplôme de l'école secondaire de filles de Matsumoto (aujourd’hui Lycée Arigasaki de Matsumoto). Elle a ensuite étudié le Nihonga (peinture de style Japonaise) à l'école des Arts et des Métiers de la ville de Kyoto.
  • 1957: Kusama se rend aux Etats-Unis (principalement à New-York) et s'impose en tant qu'artiste avant-gardiste. Elle commence à attirer l'attention à travers sa série de peintures Infinity Nets.
  • 1973: Kusama retourne au Japon et continue d'élargir ses activités artistiques en créant des sculptures souples, des collages, des estampes, des sculptures en plein air, des films, des céramiques et des écrits.


 

Les premières années

Kusama a commencé à souffrir d’hallucinations à un très jeune âge, mais a trouvé un soulagement à travers son art. Bien que sa famille fût opposée à l’idée qu’elle devienne une artiste, après avoir terminé ses études secondaires, Kusama se rendit à Kyoto pour étudier le Nihonga (peinture de style Japonaise). Cependant, sa frustration avec le style ancien et rigide de l’art Japonais et la vision japonaise des femmes à cette époque l’ont poussé à déménager aux Etats-Unis.
 

L’époque New-Yorkaise

Yayoi Kusama a déménagé aux Etats-Unis à l’âge de 27 ans. Elle a correspondu et a reçu le soutien de Georgia O’Keefe, et à New-York, elle fait irruption dans le mouvement avant-gardiste ainsi que sur la scène hippies des années 60 et produit une impressionnante variété d’œuvres, incluant de grandes peintures, des sculptures souples dans lesquelles elle dissimulait des objets du quotidien avec des protubérances étranges, des films artistiques, la mode d’avant-garde mais aussi des sculptures environnementales utilisant miroirs et lumières.

Bien que pour la plupart, elle ait à peine survécu grâce à son art, sa faramineuse et obsessionnellement complexe série de peintures, Infinity Nets, a commencé à attirer l’attention. A la frontière du pop art, de l’art minimaliste et des mouvements féministes, la renommée de Kusama a commencé à rivaliser avec celles de ses collègues artistes. Malheureusement, cela ne l’a pas sauvée de l’accumulation de l’épuisement professionnel et du manque de fonds. En 1973, en mauvaise santé, elle décide de retourner au Japon.

Great Gigantic Pumpkin (Grande Citrouille Géante) à l’exposition All About My Love de 2018 à Matsumoto. Yayoi Kusama

 

Popularité au Japon

A son retour au Japon en 1973, Kusama a eu du mal à trouver des galeries qui exposeraient ses œuvres, car elles étaient considérées comme provocatrices pour le Japon. Elle a continué à se battre contre sa maladie mentale et a été admis dans un hôpital psychiatrique où elle vit encore à ce jour. Pourtant, elle a continué à produire des œuvres et a même commencé à écrire des romans et d’autres œuvres littéraires.

Après avoir été invité à la Biennale de Venise en 1993 où elle a exposé ses Infinity Mirror Rooms remplies de citrouilles tachetées répétées à l’infini, sa renommée a commencé à exploser. L’année suivante, elle a produit une de ses plus célèbres sculptures en plein air, Pumpkin, une gigantesque citrouille jaune peinte avec un motif hypnotique de pois noirs.

Ces pois ont continué à imprégner le travail de Kusama et son art a pris des couleurs plus vives. Dans son projet le plus récent commencé en 2009, elle a continué à produire des centaines de peintures à un rythme effarant dans une série intitulée « My Eternal Soul.”

Les mêmes taches qui avaient autrefois menacé de l’anéantir dans ses hallucinations ont, comme le dit Kusama, sauvé sa vie à travers leurs manifestations dans son travail.